Quiberon : Une langue de terre au milieu de l'océan
Mai 2008
Dernière étape de cette escapade en Morbihan sur cette presqu'île qu'est Quiberon. Après avoir fait un détour jusqu'à Etel et sa barre qui ferme la rivière, direction le sud pour rejoindre Quiberon. Quelques panneaux ici et là annoncent des sites mégalithiques, signe qu'on approche de Carnac. Arrivé au village de Plouharnel, changement de cap, direction plein sud, droit vers la mer.
La circulation se densifie à mesure que le but approche, pas spécialement une chose que j'apprécie. La route est bordée de forêts de pins. Le sable commence à faire son apparition. Plages et déjà quelques campings sont annoncés à droite et à gauche. Puis soudain, le paysage s'aplanit, une simple petite dune sur la droite, la baie de Quiberon à gauche. C'est l'isthme de Penthièvre, la partie la plus étroite de la presqu'île (22 mètres seulement au plus étroit). Ici route et voie ferrée se côtoient de très près. Au bout de l'isthme, posé sur une hauteur, se dresse le fort de Penthièvre, une construction typiquement dans le style de Vauban, bien que postérieur. Il n'est pas possible de le visiter, semble-t-il un site militaire. On peut juste l'admirer de l'extérieur et encore à distance car il n'est pas aisé de s'y arrêter près.
Une fois le fort dépassé, la circulation toujours aussi dense a vite fait de me convaincre d'emprunter la première route à droite. celle-ci conduit au village de Portivy et à son petit port. Ces maisons aux façades blanches, aux volets bleus et aux toits d'ardoise font face à l'océan. Un cachet d'antan a su être préservé pour le plus grand plaisir des visiteurs. De petits bateaux sont amarrés dans le port, ou échoués selon le niveau de la marée. Ici la vue est exceptionnelle d'une part vers la côte Sauvage qui commence au Beg En Aud voisin, et d'autre part vers l'île rocheuse de Téviec. On peut par contre être surpris par les tarifs pratiqués par les restaurants les plus proches du port. Je vous recommande de remonter un peu jusqu'à l'accueillante crêperie Avel Mor.
A la sortie du village commence réellement la Côte Sauvage. Désormais, la côte est particulièrement découpée et rocheuse. Les prairies vertes couvrent les falaises qui tombent dans les flots. De temps en temps, c'est une petite crique sableuse qui réussit à se loger entre deux murs de roches. Quelques courageux (inconscients ?) sont plongés dans l'eau, tout de même revêtus d'une combinaison intégrale. Certains sont même là pour pêcher remontant entre autres de belles araignées de mer. Le vent du large se fait lui aussi bien sentir ; on ne risque pas d'avoir trop chaud. En arrière du Beg en Aud puis de la pointe du Percho, des aires de stationnement ont été aménagées derrière les dunes pour faciliter l'arrêt des visiteurs. Des chemins aménagés permettent d'accéder jusqu'aux pointes. En levant les yeux vers le sud, on constate que cette côte n'est que succession de pointes rocheuses et de petites criques (ici appelés ports), de temps en temps une arche. Un sentier côtier permet de les approcher au plus près tandis que la route, peu fréquentée, n'est jamais très loin.
La côte reste sauvage jusqu'au Beg Er Goalennec où la civilisation refait son apparition avec la présence d'un restaurant, installé tout près de l'ancien vivier. Heureusement, le reste de la pointe est resté sauvage ; on peut aller se promener sur le rochers qui ont pris ici une surprenante teinte orangée. Le vent a aussi fait son action à voir les formes bien arrondies. En tournant le regard vers l'est, on aperçoit enfin Quiberon ville, et surtout le château de Turpault, un manoir de style anglo-médiéval avec sa tour crénelée, qui trône au bout du Beg Er Lan. Vers le sud apparaît au loin la silhouette de Belle-Île, ainsi que celle du célèbre phare des Poulains, immortalisé par une splendide photo de Plisson.
Cette pointe marque la fin du calme. Les habitations font leur retour en même temps que la circulation. Passé le Beg Er Lan, on aboutit le long du Port Maria qui dessert principalement Belle-Île, tout en abritant aussi plus de 200 bateaux de pêcheurs. On se rend vite compte du changement par rapport au reste de l'île. Impossible de stationner ou presque. Lorsqu'un parking pointe son nez, il est payant. Résultat des courses, je traverse sans m'arrêter, pas vraiment charmé par les lieux. Au contraire, la ville me laisse l'impression d'un certain snobisme, un peu m'as-tu vu.
C'est ainsi que je rejoins la pointe sud de l'île, plus précisément sud-est, nommé pointe du Conguel. Ici on peut se poser tranquillement. La ballade à pied pour atteindre l'extrémité est la plus vivifiante : air pur et iodé, courant d'air, plages de sable, quelques rochers, des parterres de fleurs sauvages, jaunes, blanches, bleues ou encore violettes. De temps en temps, quelques goélands viennent tenir compagnie au promeneur. On peut apercevoir en chemin ce qu'il reste d'anciens fours à goémon. Une table d'orientation permet de s'y retrouver entre toutes les îles et îlots alentours. Le plus proche, dans l'axe de l'île de Houat, accueille le phare de La Teignouse, un gros cylindre bien peu esthétique mais bien utile pour aider au passage au large de Quiberon, lieu où le cuirassé France sombra en 1927.
Le retour vers le continent, le long de la baie de Quiberon , se fait en traversant les petits ports et villages de Port-Haliguen, Saint-Julien, Kermovan et Kerhostin à l'entrée de l'isthme, sans oublier Saint-Pierre de Quiberon. La baie fleurit des voiles blanches des nombreux voiliers qui profitent de cet immense plan d'eau pour faire des ronds dans l'eau.
Voici qui clôt mon tour de Quiberon avec des bons souvenirs sur la côte ouest et aussi une grosse déception de la ville de Quiberon.